Theorema Art Gallery
 
 
  Exhibition & Artist  
 

Jannis Pcychopedis

 

La Poésie de Face

Γιάννης Ψυχοπαίδης
Jannis Pcychopedis

La grande aventure de la parole poétique avec ses différents aspects expressifs ainsi que la conception poétique du monde, rejoignent leur équivalent approfondi, leur prolongement naturel dans les figures des poètes eux-mêmes. Respectivement, leurs visages transmettent une partie de leur aura dans leur expression verbale en dotant leur poésie des traits de leur propre physiologie. A travers le regard, le mouvement, la posture, le candide ou au contraire le  maniéré, se dépiste furtivement un lien plus approfondi de la figure et du corps de l’auteur avec la figure et le corps de sa poésie.

 
Jannis Pcychopedis Jannis Pcychopedis Jannis Pcychopedis Jannis Pcychopedis Jannis Pcychopedis Jannis Pcychopedis
Jannis Pcychopedis Jannis Pcychopedis Jannis Pcychopedis Jannis Pcychopedis Jannis Pcychopedis

Jannis Pcychopedis
catalogue download

 

La Poésie de Face

La grande aventure de la parole poétique avec ses différents aspects expressifs ainsi que la conception poétique du monde, rejoignent leur équivalent approfondi, leur prolongement naturel dans les figures des poètes eux-mêmes. Respectivement, leurs visages transmettent une partie de leur aura dans leur expression verbale en dotant leur poésie des traits de leur propre physiologie. A travers le regard, le mouvement, la posture, le candide ou au contraire le  maniéré, se dépiste furtivement un lien plus approfondi de la figure et du corps de l’auteur avec la figure et le corps de sa poésie.
Les rayures du visage, les traits et le caractère demandent d’être empreints au travers de la peinture et à assujettir- sous licence poétique- quelques éléments des resplendissements et de la fluidité de la parole poétique, qui s’envole à jamais, se fuit et se perd. Les paroles s’envolent, les visages regardent, se rappellent et nous rappellent…La figure du poète se modèle via la matière picturale, l’effacement et l’écriture, la ligne et la tache, la trace et les jeux d’ombre-lumière. Les ombres et les lumières du visage comme un contrepoint aux formes et aux couleurs de l’écriture poétique. Images des figures, images de la poésie.
Ces portraits sont nés au cours des années précédentes, sans suite et sans enchaînement, entre des lectures et relectures des poèmes et des vers, à des moments de reculement ou d’extraversion, de détente ou de bouleversement, d’intensité, de nostalgie ou de contemplation. Et toujours, en guise de pain béni, une récompense mystique aux représentés et aux sentiments vivants, profondément authentiques que nous accorde leur  si différent univers poétique.

 

Une rencontre insolite

En se servant simplement des mots, de ce matériau immatériel qui possède le pouvoir de produire des images et des sons, de créer des rythmes et des couleurs, de former une fiction, l’art des écrivains et des poètes se traduit par l’usage esthétique du langage. Cependant la littérature va au delà de cet emploi. Elle est une invitation au voyage. Celui qui se laisse entraîner par cet appel, embarque pour un long périple particulier, pour une aventure personnelle qui sera en même temps une révélation. Elle le guidera dans des espaces inconnus, dans des mondes nouveaux aux confins illimités et lui permettra de réaliser maintes découvertes.
Quelque soit le courant ou l’école auxquels appartiennent les textes, quelque soit la technique employée pour les exprimer, ils convergent tous pour parler de la quête perpétuelle de l’homme, de ses profondes aspirations, de sa remise en question, de son élévation spirituelle, de ses préoccupations, de ses attentes, de ses angoisses, de ses multiples interrogations, de ses doutes, de ses crises, de ses joies, de ses peines, bref de ses sentiments.
Ils laissent apparaître le regard posé par leur créateur sur l’univers, sur l’histoire des hommes. Ils constituent la transcription des relations avec l’autre. Ils essayent de chasser les tourments du soi en le purifiant, en le libérant avec l’acte salvateur de l’écriture.
Tout en étant bien ancrés dans leur époque, ces écrits réussissent à la dépasser, à s’élever en s’affranchissant des limites temporelles et en abolissant toutes les frontières les emprisonnant.
C’est en cela que réside leur valeur. Leur force demeure dans le plaisir que procure leur lecture qui en définitive n’est rien d’autre qu’une rencontre : la rencontre opérée entre l’écrivain et le lecteur par le biais du texte.
Mais doit-on identifier les auteurs à leurs écrits ? Peut-on les figer en les enfermant uniquement dans leurs livres, ou faudra-t-il rechercher une autre dimension si l’on veut esquisser leur portrait et s’approcher de leur âme ?
Γιάννης Ψυχοπαίδης, avec sa sensibilité d’artiste, a effectué comme tout amoureux de la littérature, un nombre important de lectures. Ces lectures l’ont interpellé, l’ont marqué, ont fait naître en lui une série de sentiments. Toutefois il n’a pas souhaité s’arrêter aux textes qui l’ont ému en les illustrant. D’autres l’ont fait avant lui. Il a voulu instaurer un dialogue authentique non pas avec les œuvres mais avec leurs auteurs. C’est dans le passage de la création au créateur que se situe toute l’originalité de sa conception. En les mettant de cette façon en exergue il leur a rendu ce qu’il a reçu et bien sûr un hommage extraordinaire.

Anna Olvia Jacovides Andrieu

 

UT PICTURA POESIS

La célèbre théorie de l’Ut Pictura Poesis Erit (il en est de la poésie comme de la peinture), basée sur le fameux vers d’Horace tiré de l’Ars Poetica, repose sur le principe que la poésie mérite reconnaissance pareille qu’au temps de l’auteur romain recevait la peinture. Probablement, Horace emprunta l’aphorisme attribué par Plutarque à Simonide de Ceos, “poema pictura loquens, pictura poema silens” ( “la poésie est une peinture parlante, la peinture est une poésie muette”)dans De Gloria Atheniensium. Platon aussi cita l’origine de cette comparaison majeure entre les arts de la vue et les ceux de l’ouie à Simonide.

Cette doctrine philosophique a joué un rôle déterminant pour les théoriciens humanistes et pour les grands maîtres de la Renaissance. Mais ces derniers, trahis par leurs préférences et préoccupations plastiques, au lieu de rapporter les arts du langage à ceux de l’image, ont inversé l’adage d’Horace pour déclarer, que c’est le tableau qui doit devenir comme un poème. C’est ainsi, que Léonard préfère qualifier la poésie de “peinture aveugle” plutôt que de “peinture parlante” pour se manifester à cette comparaison qui soumettait la peinture par rapport au discours. Malgré cette priorité accordée aux beaux arts, tous les érudits des Temps Modernes envisagent une peinture dans laquelle des préceptes poétiques seront appliqués et une similitude entre les deux arts sera établie. Cet idéal de la peinture, fondé sur un rapport d’émulation pure avec la poésie, sera maintenue par les grands maîtres du XVIIème siècle; qualité poétique de Vermeer, sublime espace d’irréalité poétique de Rembrandt, poésie du quotidien de Vélasquez.

Au XIXème siècle on rencontre un refus de cette relation parallèle, au nom d’une argumentation à la fois de la spécificité et de l’autarcie de chaque art. En revanche, tous les courants avant-gardistes du XXème siècle, puisent leur inspiration ainsi que leurs racines idéologiques dans la Poésie. On pourrait même parler d’un nouveau phénomène dans l’Histoire de l’Art où tous les mouvements qui ont renouvelé les arts visuels et par conséquence la vision et conception du Monde, se trouvent en étroite liaison avec les arts de la parole: le poète Marinetti, fondateur du Futurisme; le poète André Breton, fondateur du surréalisme; le poète Tristan Tzara, du Dada …Il est d’ailleurs à noter les liens intimes et spirituels entre peintres et poètes: Dali et Lorca, Maïakofski et Malevitch, Brecht et Grohz, Neruda et Rivera, Picasso et Vallejo…
A l’aube du XXIème siècle, Jannis Psychopédis, réalise deux expositions, une à la salle polyvalente des Editions Metaihmio à Athènes et une à la galerie bruxelloise Theorema, toutes deux entièrement consacrées aux portraits isolés des grands poètes de l’Époque Contemporaine, aux poètes sans frontières. Soucieux, pas seulement d’intervenir au processus socio-historique de son temps, comme en témoigne ses oeuvres de réalisme critique, tente aussi de renouveler à la fois le principe d’ut pictura poesis -dans le passé il a réalisé de nombreux commentaires picturaux sur des poèmes- et le genre du portrait, institutionnalisé par l’Académie Française du XVIIème.

En projetant la lumière de son art sur ces figures emblématiques, il se montre tout à fait conscient des interférences approfondies des arts.
Afin de sensibiliser et d’inciter le public aux lectures et aux visions poétiques du Monde, il effectua le choix intellectuel décisif de renforcer son message par les représentations des poètes eux-mêmes.
A l’instar de l’auteur et poète Nikos Kazantzakis qui paradoxalement dépose le rapport de sa vie (Lettre à Greco, dernier ouvrage de l’auteur, édité après sa mort) auprès du peintre Dominique Theotokopoulos (El Greco), décédé quelques siècles avant lui,J. Psychopedis ressent l’identique nécessité intérieure de dialoguer cette fois avec les poètes. Si on accepte la thèse selon laquelle les artistes authentiques expriment et incarnent l’inconscient social, notre peintre, en rendant hommage à ces grands intellects qui ont marqué le Xxème siècle, il révèle la pauvreté spirituelle de notre temps et la solitude incurable de leur perte. Malgré cette charge émotionnelle, Psychopedis ne se soumet pas à la tentation d’un art qui s’apparenterait à des éloges glorieux mais funèbres. En mobilisant son style uniquement innovateur et issu des recherches dans les domaines les plus avancés de l’art contemporain figuratif, il souffle la vie aux auteurs représentés, une vie qui se substitue et se récapitule à l’activité intellectuelle, à l’inspiration, à la réflexion et à la contemplation.
Toute la série des portraits est dominée par l’idée d’adapter au sujet son propre style. En choisissant les éléments plastiques (proportions, rythme des touches, effets des couleurs, jeux d’ombre/lumière, technique mixte, support, motifs, posture) qui sont compatibles à l’oeuvre (forme et fond), la biographie (indices) et la personnalité (étude physionomique), comme les poètes auraient fouillé sur les jeux des mots, les sonorités, le rythme des vers, il crée au public des émotions diversifiées selon le sujet. En réalité, Psychopedis suscite chez les spectateurs les mêmes sentiments que ceux de ses protagonistes, les mêmes vécus, les mêmes expériences intérieures; parfois douloureuses et dramatiques, illusoires, pleines d’espoir ou découragées, utopiques ou cyniques, lyriques ou réalistes, passionnées ou passives, narcissistes ou déprimantes, bien réfléchies ou déconcentrées… Sa peinture, sans se fuir des exigences d’un dessin académique qui sert comme colonne vertébrale de ses compositions, elle présente des résultats hétérogènes qui se référent à chaque poète isolé. Chaque tableau constitue une interprétation et un commentaire personnels sur l’ego des poètes, un regard critique et pénétrant sur leur univers poétique lequel se diffuse par des moyens picturaux exceptionnels.
Bien que l’art du portrait surgisse en France au cours du XIVème siècle pour manifester un nouvel intérêt pour l’individu qui sera qualifié plus tard comme nouvel humanisme, notamment avec les portraits flamands de J. Van Eyck, progressivement perd son essor à cause de son instrumentalisation politique. Psychopedis, refonde les principes de ce genre en l’appliquant aux effigies des poètes qui ont plutôt bouleversé les normes de la société au lieu de les servir. Par son observation psychologique profonde (acquise par l’étude holistique de leurs physionomies), et par une compréhension de profondus de leur oeuvre, le peintre atteint une expressivité des visages sans précèdent.

Dans ces portraits, l’affirmation de la figure humaine se revendique avec sa valeur individuelle, sinon poétique. Aux antipodes d’un art du portrait occidental qui s’est développé pour mémoriser une victoire dans le cadre civique et politique, les portraits des poètes sont exécutés pour révéler leur apport capital au patrimoine universel de l’Humanité.
Et comme il existe toujours une analogie mystique entre la figure de l’auteur et son oeuvre, toutes deux liées d’une relation à la fois réversible et interactive, la valeur de ces portraits demeure diachronique, reste à la découvrir. D’ailleurs, le visage, image de l’âme et de l’intellect humains, existe bien avant son expression poétique. Lorsque l’art s’incarne, la figure humaine n’est jamais la même; elle est chargée d’un nouveau devoir: se tenir à la hauteur de sa propre création. Cet effort perpétuel s’inscrit dans la série de Psychopedis et Psychopedis s’inscrit à perpétuité avec ses poètes bien-aimés.

 

Jannis Psychopedis

Jannis Psychopedis est né à Athènes en 1945. En 1963, il entreprend ses études à l’École Supérieure des Beaux Arts d’Athènes, à l’Atelier de Gravure, et accomplit ses études en 1968, avec l’obtention des diplômes à la fois artistique et théorique.

En 1970, il reçoit une bourse du Service Allemand d’Échanges Académiques (DAAD) et s’inscrit à l’Académie des Beaux Arts de Munich pour des études post-universitaires en peinture. De 1970 à 1976 il vit et travaille à Munich.

À l’Académie de Munich il étudie pendant un an à l’Atelier de Peinture du professeur H. Kaspar et pendant quatre ans à l’Atelier de Peinture du professeur K. F. Dahmen. Il achève ses études en 1976, et en 1977 il est invité comme boursier du programme artistique de Berlin ouest à y vivre et travailler.

À Berlin ouest il habite jusqu’en 1986, travaillant et participant activement à la vie artistique de la ville, en collaboration avec des galeries, des musées, des groupes artistiques et des institutions artistiques. Il organise des expositions individuelles de son œuvre et participe en plusieures expositions collectives, à Berlin et autres villes de l’Allemagne ainsi qu’en d’autres pays européens. En même temps, il suit, à l’Université de Berlin ouest, des cours /////// en Sociologie et en Histoire d’Art.

En 1980-81, a eu lieu une grande exposition itinérante de ses œuvres en trois grandes pinacothèques de l’Allemagne de l’Ouest (Kunstverein Kassel, Kunsthalle Darmstadt, Overbeck-Gesellschaft, Lübeck),  et en 1981 l’Académie des Arts de Berlin ouest lui consacre  une grande exposition individuelle.

En 1984, la Glyptothèque de Munich, au Musée de la Collection des Antiquités de l’État, organise la première grande rétrospective de la série « La lettre qui n’est pas arrivée » (première période 1977-1984).

En 1985,  suit sa deuxième grande  rétrospective de la série « La lettre qui n’est pas arrivée » à la Pinacothèque Municipale Körnerpark de Berlin ouest.

En 1987, se réalise sa première grande rétrospective  en Grèce, à la Pinacothèque Municipale de Rhodes, et en 1988 une autre rétrospective  (œuvres de1962-1988) à la Pinacothèque Pieridis d’Athènes.

En 1987, sans avoir définitivement quitté Berlin ouest, il s’installe à Bruxelles, où il vit et travaille jusqu’en 1992. Depuis 1992 il vit et travaille surtout en Grèce, participant en plusieurs événements artistiques, tant en Grèce qu’à l’étranger.

En 1994, il est élu professeur à l’École Supérieure des Beaux Arts à Athènes.

En 1995, a eu lieu une exposition rétrospective de ses œuvres (1962-1995) au Musée Macédonien de l’Art Contemporain à Thessalonique. En 1998, la Fondation Kydonieos à Andros, présente une grande exposition  rétrospective intitulée « Croisements » (1962-1998).

En 2001, la Fondation Culturelle de la Banque Nationale (MIET) lui organise à Patras et à Thessalonique la  rétrospective de la série « La lettre qui n’est pas arrivée » - Sélections, 1977-1996.

Depuis les années soixante il a été membre du Groupe Artistique « A » à Athènes et membre de l’équipe picturale de la revue Epitheorisi Technis (Revue de l’Art).

Ensuite il fut membre fondateur du groupe des « Nouveaux Grecs Réalistes » (1971-1973) ainsi que membre fondateur du KET (Centre des Arts Plastiques) (1974-1976).

En 1974-75, il fut membre invité du groupe artistique 10/9 de Munich, aux manifestations duquel il a activement participé, tandis que dans les années suivantes il participa dans d’autres entités artistiques.

Lors de son séjour à Munich (1970-1976) il  a collaboré avec plusieurs groupes à la fois artistiques, étudiants et ouvriers pour la création de manifestations et d’actions artistiques-éducatives dans un contexte hors des espaces conventionnels d’art. Il a exécuté des décors sélectionnés pour le théâtre et le cinéma.

Nombreuses critiques et plusieurs articles concernant son œuvre, ont vu le jour dans des journaux et des revues grecs et étrangers.

Il a publié des textes sur l’art et sur des problèmes socio- esthétiques dans plusieurs livres, revues, journaux et autres publications, tant en Grèce qu’à l’étranger.

Il a réalisé plusieurs présentations individuelles et collectives de son œuvre en Grèce, en France, en Allemagne de l’Ouest et de l’Est, au Luxembourg, en Espagne, en Yougoslavie, en Irlande, en Albanie, au Japon, en Belgique, en Algérie, au Chypre, aux Etats-Unis, en Suède, en Roumanie, en Israël, en Angleterre, en Italie, au Canada, en Turquie, en Iran, en Russie, en Égypte, dans des galeries privées, des pinacothèques et des musées.


  website designed by vatiras.com